Chagall a retenu de ce monde précaire, en équilibre fragile entre tristesse et joie, l’essence poétique : la musique, les danses, les figures symboliques du vivant et du divin portées par des animaux magiques et des êtres métamorphosées. 

La danseLa Danse, 1950-52, qui clôt l’exposition, Centre Pompidou, en dépôt au musée national Marc Chagall, à Nice.

Détail La danseLa Danse, détail

Cette poésie si légère, si contagieuse, est un voile fragile posé sur une réalité beaucoup plus dure qui dit beaucoup de l’insondable foi en l’homme que Chagall a cherché à préserver jusqu’au bout de sa vie, malgré tout. Une foi qui touche au mystique, où la figure du Christ prend une importance croissante dans son œuvre, mais un Christ universel bien loin des dogmes religieux, un Christ primitif.

Devant le tableau

Devant le tableau, 1971

“Ces tableaux, dans ma pensée, ne représentent pas le rêve d’un seul peuple mais celui de l’humanité … Ce rêve est-il possible ? Mais dans l’Art comme dans la vie tout est possible si, à la base, il y a l’Amour“.

L’art de Chagall me rappelle les enluminures du moyen-âge où la taille des figures est définie en fonction de l’importance sociale des personnages et non en fonction d’une logique de distance.

Dans un travail d’effacement de la perspective, Chagall fait apparaître tous les éléments de sa vie sur le même plan : aux éléments du réel, les villages, les pogroms, la Révolution russe… et aux éléments fondateurs de sa vie personnelle, comme son amour pour Bella, s’ajoutent les éléments du monde spirituel qui l’habitent ainsi que les figures de son imaginaire où les animaux ont une place prépondérante. Au final, c’est une texture d’une grande richesse visuelle qui nous invite à partager un espace pictural unique, dominé par la couleur.

Résistance, Résurrection, LibérationLe tryptique "RésistanceRésurrectionLibération", issu d'un tableau de 1937, intitulé Révolution réalisé pour célébrer le vingtième anniversaire de la Révotulion d'Octobre russe, mais découpé en trois parties en 1945.

RésurrectionRésurrection                

L’amalgame des religions judaïque et chrétienne, le Christ est souvent vêtu du châle de prière juif, est aussi un message de paix. Cette approche “multiculturelle“, multicouche, fait partie de la singularité de Chagall, l’un des acteurs du renouveau de l’art sacré en France, aux côtés de Georges Rouault et d’Henri Matisse dans les années 50/60. Les récits extraordinaires de la Bible n’ont cessé de nourrir l’imaginaire de l’artiste qui considérait l’Ancien Testament comme “la plus grande source de poésie de tous les temps“. 

Vitrail

Vitrail La paix ou l’arbre de vie, à la Chapelle des Cordeliers, Sarrebourg