Chagall sur les toits©RCrowley

Montage photo réalisé à partir de “La Promenade“, 1917, Musée National Russe, Saint Pétersbourg

Quand je décide d’aller visiter l’exposition  Marc Chagall, entre guerre et paix, au Musée du Luxembourg  c’est l’image aérienne, joyeuse et colorée du plafond de l’Opéra de Paris que je poursuis. Une envolée magique qui en son temps (1964) avait suscité de virulentes critiques envers le travail de Chagall et envers le Ministre d’Etat Chargé des Affaires Culturelles qui avait commandé l’œuvre, André Malraux. On trouvait alors que les couleurs et les libres sinuosités du peintre convenaient mal à la rigueur académique et aux dorures du style Napoléon III. C’est vrai que la rupture est forte mais elle est si belle : le plafond de l’Opéra s’ouvre sur l’inspiration céleste que Chagall prête aux grands musiciens représentés sur la fresque dans une explosion de couleurs.

D’autres images, de bonheur conjugal, de verres de vin en déséquilibre, d’animaux volants, de violons et de fleurs me précèdent et m’aident à supporter la queue qui ne cesse de s’allonger à l’extérieur (il n’est pourtant que 09h30 du matin, en semaine !) Et, quand nous avançons vers l’entrée, le froid glacial n’a d’égal que celui de l’accueil du personnel chargé de la sécurité… Dans les salles, la foule est déjà dense et bientôt, c’est une file ininterrompue qui défile au pas devant les œuvres.

Dépassant les premiers visiteurs, je cherche les images joyeuses dans des salles encore vides et découvre aussi des images récurrentes de flammes qui jaillissent de fenêtres de petites bâtisses en bois et de Christs crucifiés. Des images de Chagall que je ne connaissais pas.

Les œuvres, entre violence et beauté, en temps de guerre comme en temps de paix, proviennent pour beaucoup du Centre Pompidou, mais un grand nombre appartiennent à des collections privées. Des tableaux, mais aussi des esquisses, des études ou des dessins qui dévoilent un peu plus du mystère Chagall, un peu de sa liturgie personnelle.