Juste après l'exemplaire de Les Paradis Artificiels de Baudelaire, les héliogravures de Hans Bellmer destinées à illustrer une édition de l’ouvrage sont des visions sensuelles où la beauté féminine frôle la mort. Non loin de là, sont exposées Les sculptures inhumaines de Mathieu Briand. Composées de deux parties distinctes, toutes blanches et finement ouvragées : au sol, un homme avance, masqué par un linge, une seringue entre les dents, comme un assassin de l’ombre, au-dessus de lui tourne un crâne dont les orbites laissent voir un pendu à l’intérieur. Entre les deux parties, le vide, un flux tendu mais invisible qui évoque la dépendance.

La dépendance trouve son origine parfois dans une souffrance, comme celle d’Antonin Artaud pour qui l’opium était un véritable remède aux angoisses et aux douleurs physiques qui le taraudaient, ou bien encore celle de Jean Cocteau dont le remède était peut-être pire que l’angoisse qu'il voulait taire. Cocteau passa sa vie à lutter contre l’emprise de l’opium et c’est d’ailleurs au cours d’une cure de désintoxication que le poète écrivit Les enfants terribles, une allégorie de son addiction.

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