On sort des salles sombres aux murs noirs ou gris pour déboucher dans la grande salle orange, dont on suit la courbe sous une lumière artificielle si forte qu’on se croirait en plein jour... Ici, éclate la couleur flashy ! Les séries d'œuvres exposées sont plus "trash", hormis la série des photomontages de pin-up en noir et blanc qui paraissent pour le coup vraiment très sages... Je ne m’y attarde pas : les images pornographiques sont devenues si explicites que je me demande si la démarche féministe de Linder est encore pertinente. Les fleurs cache-sexes ne suffisent pas à poétiser les images, les pâtisseries ne m'amusent plus et le message s'est brouillé.

A voir dans cette salle, les photographies couleurs de Tim Walker qui représentent Linder en créature étrange, mi femme au foyer, mi objet-sexuel. La photographie de l’affiche de l’exposition appartient d'ailleurs à cette série, créant une sorte de confusion  : il ne s’agit pas, comme je le croyais avant de voir l'exposition d’un autoportrait, d'une œuvre de Linder, bien qu'on y retrouve bien ses propres préoccupations esthétiques.

Sinon, les grands tirages des photographies couleurs de personnages (dont Linder elle-même) dégoulinants d’une matière visqueuse multicolore, apparemment comestible, sont très spectaculaires... et peu appétissants mais réussissent à créer avec force un choc visuel et esthétique.

Crowley - Linder 12

A la sortie de cette salle, sorte de "2001 Odyssée de l’espace" de la pornographie, dans une petite alcôve noire en retrait sont exposées les œuvres les plus récentes de l’artiste, des photomontages réalisés sur Photoshop. La thématique est toujours la même, des images “hot“ détournées avec des cache-sexes en forme de fleurs ou de pâtisseries. Les œuvres sont montées dans des Duratrans (des caissons lumineux) et surgissent du noir comme des panneaux publicitaires. Ecrasant et efficace.

Crowley - Linder 14

Décidément, c’est le noir qui sied le mieux à la lady punk !