Les natures mortes de Soutine sont des hommages rendus aux Rembrandt et aux Chardin qu'il a pu admirer au Louvre

Le boeuf écorché

Le boeuf écorché, vers 1925

Ce sont des chairs qui palpitent encore, d’où s’écoule un sang frais et chaud, des natures mortes si saisissantes de vie. Certes, l'animal a été sacrifié sur l’autel de la chaîne alimentaire mais la putréfaction n’a pas encore fait son office... sur la toile, car en réalité, il parait que le voisinage se plaignait de la puanteur dégagée par les carcasses que Soutine se faisait livrer dans son atelier ! 

Ailleurs, dans la chair blanchâtre de la raie, dans la brillance de l’œil d'un hareng, la vie qui s’accroche obstinément jette ses derniers feux et chaque glaïeul, chaque morceau de viande, chaque poisson est unique.

Le hareng face à son destin, comme stupéfait de finir au fond d’une assiette...

Nature morte aux harengs

Nature morte aux harengs, 1916