Ce qui frappe d’emblée dans la salle consacrée aux paysages, c’est l’absence de vues de Paris, une ville de souffrance que le peintre a choisi de ne pas représenter ?

En tout cas, c'est à la faveur de la lumière du midi, dans ses sublimes vues de Céret ou de Cagnes, que les couleurs éclatent et s’envolent dans des mouvements sinueux, souvent ascensionnels. Le lyrisme n’est pas onirique comme celui de son compatriote Marc Chagall, mais il est tout aussi enchanteur… une célébration forte et puissante de la vie.

Paysages Cagnes et Céret

 Escalier rouge à Cagnes, 1923          Route folle à Cagnes, 1923

Dans l’art de Soutine s’exprime un besoin très concret de peindre – de prendre – la vie à pleine main.  Dans les paysages, on sent l’air circuler, les feuilles bouger, les nuages défiler. Les troncs sont tordus, les tons de vert se fondent les uns dans les autres en tourbillonnant. Ailleurs, un couple d’enfants marche à l’unisson contre le vent alors que le ciel s’apaise à peine. Un art tout en mouvance et ondulation, comme si rien, jamais, n’était figé dans le temps.

Retour de l’école après l’orage, 1939

Retour de l'école après l'orage